Les Percussions de L’Etable dans Le Monde !

Le doux bruit de la découpe au sommet de l’échafaudage
“Joue pas avec ta nourriture”. Ce classique des interdits, les trois percussionnistes-acteurs du spectacle en font avec L’Echafaudage, au Théâtre du Lierre, à Paris, vendredi 18 juin, un moment de spectacle assez étonnant. Chacun devant une caisse de bois, chacun avec un couteau, chacun avec un légume à découper. Chacun dans un geste musical procédant à ladite découpe à des rythmes différents et complémentaires : clac-clac-clac, rataca-tac-rataca-ta.
Il est temps de mettre la table : assiette, verre, couverts manipulés, tapés, deviennent des instruments. La fourchette-baguette et le verre mini-tambour sont accompagnés du son d’un plat en train de rissoler. Artistiquement mené, drôle, inventif. Et quand il s’agit de passer à la vaisselle, les casseroles et poêle sont logiquement de la partie. “Tu-tu-tum, di-ghi-di-ghe-di…”
L’Echafaudade, conçu par Georges Pennetier – ici avec Carlos Blanco et Aurélien Falkowska -, est un spectacle de percussions avec instruments (tambours, cymbales, gongs, percussions mélodiques en bois…) et objets du quotidien (arsenal de cuisine, bidons, outils…). Ils sont placés à différents niveaux du fameux échafaudage, qui lui-même devient instrument. A trois, à deux, en solo, de cet appareillage ils tirent de belles surprises musicales qui ne se réduisent pas au détournement.
Une scène porte ainsi sur les harmoniques les plus fines des cymbales en cuivre, une autre sur le développement du roulement sur les caisses de la batterie, d’autres explorent les sons de percussions traditionnelles comme les tambours chinois, calebasses, ou le bâton de pluie – des graines dans un tube. L’habileté est là, la diversité des pratiques aussi. Le tout avec des apparitions-disparitions des trois musiciens sur leur échafaudage par un travail sur les lumières en accord avec la musique.
Sylvain Siclier
Article paru dans l’édition du 22.06.10

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